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Tom Waits Le clochard céleste

Catégorie Musique
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(JPEG) C’est en empruntant le titre d’un roman de Jack Kérouac que j’ai choisi de définir Tom waits et ce n’est pas totalement un hasard car l’auteur culte de la beat-generation est définitivement l’idole absolue du plus atypique des chanteurs américains.

Il est l’incarnation d’une certaine Amérique ,loin des clichés de l’underground new-yorkais et loin du revival hippie post 68. Il représente l’amérique profonde, celle des grandes plaines, des chevaux, des motels, des bouteilles de bourbon planquées dans des sacs en papier, celle des liquor-stores et des voies ferrées bref une certaine Amérique que Edward Hooper a souvent dépeinte.

Costume noir fripé, chapeau cabossé, des cheveux n’ayant rarement ou jamais rencontré un peigne, le débraillé est est lui-même, une forme d’art,un véritable style, une attitude. Si son style est si peu conventionnel, sa voix quant à elle, est réellement unique et ne ressemble a rien de connu. Le tabac et l’alcool lui apportant années après années cette tonalité rocailleuse et totalement à part.

Tom waits fut souvent à ses débuts (1973) comparé a Springsteen , autre représentant de cette Amerique-là. Mais la comparaison s’arrête là. Leur conception et l’élaboration de leur musique étant totalement opposées ; Fan de bluesman comme Leadbelly ou Muddy Waters véritables pères spirituels pour lui, Tom Waits n’empruntera jamais la moindre voie commerciale pour préférer des chemins plus tordus ,plus sinueux, certes plus risqués mais tellement plus enrichissants

Artiste complet il est non seulement, un auteur compositeur de talent mais également un comédien savoureux à qui l’on a pratiquement toujours demandé au cinéma de n’être finalement que ... lui-même.

Tenancier de bar chez Coppola (Rusty James),clochard trash chez Altman (Shorts cuts) barman encore chez Coppola (cotton club) mais ses deux rôles marquants lui seront offerts par Robert Franck (candy mountain) et par Jim Jarmush (Down by law), dans ce dernier il se révélera irrésistible de drôlerie nonchalante aupres de Roberto Begnini et d’un autre musicien-acteur John Lurie, leader des Lounge Lizards.

Cette collaboration le conduira a écrire quelques années plus tard la musique du nouveau film de Jarmush ‘ Night on earth’, Coppola lui ayant plusieurs années auparavant demandé d’écrire la musique de Coup de cœur -film maudit- du génial réalisateur d’Apocalypse now. Musicalement Tom waits demeure un artiste qui aura toujours su conserver une indépendance vis-à-vis des maisons de disques et qui mène sa carrière au gré du vent ,capable d’offrir des albums somptueux Blue valentine (1978) Heart-attack vine (1980) ou encore swordfishtrombones (1983) rain dogs (1985) ou bone machine (1988.

Son point fort étant d’avoir réussi à échapper à cette image pourtant répandue du chanteur alcoolo largué et d’avoir pu mettre en avant ses textes et sa poésie.

Des collaborations avec Rickie Lee jones -ex-petite amie des années 74-75 ou Waits devient résident permanent du légendaire Tropicana club, un hotel mythique de Los Angeles version californienne du célèbre Chelsea hotel new yorkais- à celles avec William Burroughs et Bob wilson (the black rider -1980) ou Keith Richards, il a toujours su rebondir et à l’image d’un Johnny Cash ou d’un Dylan, il est en route pour faire partie du patrimoine culturel américain.

De sa vie privée, on se contentera de savoir qu’il vit depuis 1983 avec Kathleen Brennan, sa muse et inspiratrice, celle qui certainement lui a permis de rester en vie après l’époque des excès en tous genres.

Retiré aujourd’hui du côté de Santa Rosa, un no man’s land californien, il nous revient de temps à autre avec des albums plus ou moins réussis mais avec une constante et totale authenticité.

Le culte grandissant autour de lui et de son œuvre, semble glisser sur lui et ne pas l’atteindre.

Tom Waits avec sa dégaine de clodo lunaire, reste un immense artiste, l’un des rares dont on dépose le disque tard, très tard dans la nuit, pour soi, pour la femme qu’on aime ou pour les amis qui sont restés.

Et à l’écoute de cette voix unique, on se laisse emporter, on se laisse bercer et la nuit qui nous engloutit prend des teintes bleutées.



Publié le 13 janvier 2005  par Jimbo


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