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Requiem for a dream : l’orange mecanique des années 2000

Catégorie Cinema
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(JPEG) Le corps de Marion (jennifer Connelly) recroquevillé dans une baignoire le visage enfoui sous l’eau et soudain un hurlement bestial comme celui d’un animal blessé a mort ,on entend a peine mais grâce aux bulles a la surface de l’eau on devine la puissance de ce cri de désespoir.

Cette scène d’une puissance rare illustre a elle seule le sentiment général de malaise à la vision du film de Darren Aronofski.

Le sujet sulfureux (mais toujours accrocheur) de la drogue et de sa dépendance, maintes fois traité avec plus ou moins de bonheur (Panique a needle park ,trainspotting , More....) est ici abordé avec un ton nouveau et un regard qui évite la complaisance et le sentimentalisme.

Aronofski ne juge pas. Il nous montre des personnages qui décrochent de la réalité, petit à petit et s’enfoncent lentement dans une infernale et terrible spirale narcotique en opposant en parallèle deux générations d’individus. Il épingle au passage la société de consommation moderne et audiovisuelle.

D’abord ‘accro ’ à la Télé ou son rêve ultime est de participer à son émission favorite (Ellen burstyn éblouissante et bouleversante) veut perdre les kilos l’empêchant de revêtir la robe rouge portée aux heures de sa jeunesse glorieuse ;les amphétamines et les coupe-faim vont avoir raison de sa santé mentale .

Le parcours de son fils (Jared Leto qui avec ce rôle nous fait oublier le calamiteux et ridicule American Psycho) est quant à lui sans surprise et malgré l’amour de Marion qui sombrera avec lui, l’héroïne aura sa peau même s’il croit et fait croire autour de lui qu’il contrôle la situation

Film-choc de ce début de siècle Requiem for a dream -au-delà de la polémique pro ou anti- drogue- ne se contente pas de frapper à la porte du cercle très fermé des films cultes. Il la défonce à coups de pieds et à coups de tête .

Aronofski prouve aussi, avec ce deuxième long-métrage qu’il est possible d’adapter un auteur réputé inadaptable, Requiem for a Dream , roman d’Hubert Selby Jr (bêtement traduit en France Retour à Brooklyn) faisant partie de ce comité d’écrivains dont les livres sont jugés impossibles à transposer à l’écran (Burroughs ,Bukowski, Bret Easton Ellis , Dantec....).

Résolument nouveau dans son utilisation de la musique, des sons, des images et des effets visuels Requiem for a dream est un film qui hante et reste présent dans les mémoires bien après sa projection.

Peut importe de savoir si Aronofski est ou n’est pas le nouveau David Lynch (comparaison inévitable) l’essentiel reste la puissance indéniable de son film. Pour ma part, je considère que ce film pourrait bien être l’Orange Mécanique des années 2000.



Publié le 17 janvier 2005  par Jimbo


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