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CPE : Réponse de Grands Parents aux "lettre aux parents" des lycéens et étudiants en lutte d’Arras

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Chers-es Lycéens, chers-es Etudiants, chers-es Petits enfants

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C’est avec une grande émotion et un grand bonheur que nous avons lu vos "lettre à nos parents"

Quel soulagement, quelle fierté pour nous, les anciens, de savoir que la relève sera présente pour assurer la suite du combat. Celui que nous avons mené toute notre vie pour plus de justice sociale et de droits pour les travailleurs, dans ce monde où le profit et l’argent font dictatures.

La lutte courageuse, la lutte déterminée, la lutte héroïque, que vous menez depuis deux mois contre des projets rétrogrades, contre le "tri sélectif" des salariés, contre le "racisme social anti-jeunes et anti-vieux", contre la perte de la dignité...est exemplaire, et elle est juste.

Nous vous remercions, au nom de toutes celles et ceux, qui ont combattus, donnant parfois leur vie, pour obtenir des droits et des acquis, des statuts et des Conventions Collectives, la Sécurité Sociale, la retraite et des Congés payés, la Liberté. Et croyez nous, nos luttes ont été très dures !

Ce début d’année 2006, est historique, il restera indélébile dans l’histoire comme sont restées 1936, 1945 et 1968.

Vous avez, par votre lutte exemplaire, redonné espoir et courage au Peuple !

Aujourd’hui, les patrons et les arrogants députés et sénateurs de l’ UMP, font moins les fiers à bras, ils jouent en façade les « pontifes », mais restent assistés de chefaillons et d’hommes encasqués et armés à leur botte. Mais l’histoire est bien là, bien réelle même si elle est revisitée négativement et même parfois niée. Plus d’une fois, nous les avons fait trembler de peur et baver de rage. La mafia patronale et ses bandits aux gouvernements ont été dans l’obligation de reculer, de rectifier, d’abandonner.

Tous les droits, tous les acquis, sans exception ont été obtenus de hautes luttes contre le patronat par les salariés-es et principalement par sa partie la plus exploitée, la Classe Ouvrière.

Face à notre détermination pour vaincre la misère, pour réclamer du pain, pour exiger de meilleures conditions de travail et l’augmentation des salaires, des conventions collectives qui protègent socialement les salariés-es... gouvernements et patronat n’ont pas hésité, à mettre en place un Daladier ou un Pétain, à collaborer avec un ennemi infâme qui fera en 12 ans, plus de 50 millions de morts, dont 85 000 résistants ici en France, morts pour la Démocratie.

Vous scandez le mot « Résistance », vous chantez le « Chant des Partisans » et cela nous réjouis et nous fait frémir de joie. Parce que les acquis et les droits sociaux, ont été gagnés par des « résistants » dans la grève en 1936 et le Conseil National de la Résistance, le CNR, en 1945.

Vous employez les mots « fasciste et autoritaire », ces mêmes mots immondes qui reviennent, mots que nous avons employés tant de fois et dans de si nombreuses circonstances de nos vies.

Le CNR créé en 1944, a mis son programme en application dès 1945, avec les créations de la sécurité sociale, du régime des retraites par répartition basé sur la solidarité entre les générations, a mis en application, la nationalisation des entreprises d’intérêts publiques et sociales en expropriant les patrons qui avaient collaborés avec les fascistes, les Conseils d’Entreprise aujourd’hui appelés Comité, a interdit le travail de nuit avant l’âge de 18 ans...etc

Ce Conseil n’était pas composé de seuls Communistes « à la solde de Moscou » comme le laissent à penser des intellectuels, professeurs ou historiens peu scrupuleux de la vérité, il y avait aussi des Gaullistes et des Socialistes.

Alors comment aujourd’hui, ceux qui se réclament du Gaullisme se permettent ils de promulguer une Loi répugnante, malsaine et rétrograde, de privatiser, de détruire les droits et acquis, pour nuire à nos petits enfants et rapidement à nos propres enfants ?

-  Osera t’il, oseront ils aller jusqu’à ce qu’ils nous ont infligés en 1948 dans le Bassin Minier de Lens, si la fronde de la jeunesse se poursuit jusqu’à l’abolition de toute la Loi « d’inégalité des Chances » de l’avocat Borloo que l’ont peut caricaturer par une poubelle de tri sélectif ?

-  Que dire quand le gouvernement des réactionnaires revenus au pouvoir, mis l’armée en position face à nous Mineurs et Résistants FTP engagés contre l’occupant nazi ? Que dire des militaires, réquisitionnés pour la circonstance, munis de fusils et de mitrailleuses chargées de balles réelles, de chars et de canons, simplement parce que nous réclamions du Pain, des salaires meilleurs, de meilleurs conditions de vie et de travail... ?

Personne ne nous avait écouté, et le syndicat a organisé la grève, dure mais solidaire, où les femmes, les jeunes et les retraités participaient aux manifestations, drapeau rouge à la main, entourés de militaires sur les dents, chargeurs engagés.

-  Nos revendications n’étaient elles pas justes, n’étaient elles pas normales, bien sûr que Oui !

Nous avions contribué à l’effort de reconstruction d’après guerre en fournissant la matière première énergétique de l’époque, le charbon. Sans charbon, pas de productions possibles, pas de souveraineté, et nous étions fiers de participer.

Mais voir des fortunes s’amasser alors que nous avions souvent faim, que nous étions privés du confort matériel et d’un manque de respect de la part du gouvernement, a fait bondir toute la Classe Ouvrière courageuse des Mines.

C’est pour cette raison que nous soutenons votre lutte, parce qu’elle est juste, parce que l’avenir, de tous les salariés-es mais aussi des chômeurs et des pauvres de plus en plus nombreux, dépend de son issue victorieuse. Vous avez un lourd fardeau sur les épaules mais vous êtes vaillants-es.

Vous l’avez constaté de vos yeux, la Classe Ouvrière a su répondre à vos demandes de soutien et d’aide. Dans n’importe quelle situation, vous verrez que les travailleurs, ont cette capacité à réagir, certes plus ou moins lentement, selon la direction syndicale en place, mais elle est toujours présente pour défendre ses enfants, qui sont leur priorité, et vous, les jeunes, l’avez compris en l’écrivant dans votre superbe « Lettre aux Parents n° 2 ».

Chers enfants, petits enfants et Camarades de lutte, vos grands-mères et grands pères, vous saluent en étant fiers-es de vous. Alors que votre lutte soit gagnante, qu’elle sonne le glas du libéralisme et des revanchards de ce pouvoir devenu illégitime.

COURAGE et RESPECT !

Et si cette lettre parvient aux parents, qu’ils comprennent bien que leurs droits et acquis ne sont pas inscrits dans le marbre. Il faudra les défendre face à l’appétit des ogres du capital. Tout le monde est concerné, sans réaction profonde des travailleurs qu’ils soient fonctionnaires ou du privé, sans unité sur les revendications, toutes et tous seront touchés et rapidement. N’oubliez surtout pas que cette jeunesse est déterminée, que vos enfants luttent aussi pour vous, pour vos droits et votre propre avenir.

Des grands parents qui vous embrassent tendrement.



Publié le 9 avril 2006  par torpedo


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