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Italie : de la précarité au vagabondage, voila la nouvelle pauvreté des jeunes de Tullia Fabiani

Catégorie politique
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Dans notre Pays, 600.000 jeunes entre 18 et 24 ans vivent dans des conditions de pauvreté. Et les moins de 18 ans en difficulté seraient même 1,5 millions

de TULLIA FABIANI traduit de l’italien par karl&rosa,

(JPEG)

"On demande aux jeunes d’être créatifs, mais la créativité sans des politiques de soutien ne suffit pas à générer de la richesse".

Voila le point sur lequel insiste Giuseppe Pelizza, quand il parle du dossier sur la "pauvreté jeune" publié dans Dimensioni nuove, le magazine mensuel qu’il dirige et qui est édité par la Maison d’édition salésienne Ellecidi. On commence par les données officielles : en Italie, les jeunes entre 18 et 24 ans vivant dans des conditions de pauvreté sont environ 600.000, alors que les under 18 pauvres sont environ 1.500.000.

Des chiffres qu’on peut trouver dans le Rapport sur les politiques contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2004 du gouvernement et qui se réfèrent à la dernière année disponible (2003). "Nous avons aussi pris en considération des données Istat et une recherche de l’institut Eures - explique Pelizza - mais, à côté des chiffres, à esquisser le tableau de l’indigence ont été les témoignages".

Des récits de vie difficile, allant de l’exemple désormais "classique" du travail précaire qui "ne permet de rien construire" à celui plus extrême de se retrouver dans la rue comme clochards.

Et il ne s’agit pas de cas exceptionnels, mais de situations de plus en plus communes.

"En général, des situations d’extrême précarité sont en train de se révéler - raconte Raffaele Gnocchi, le responsable du Service d’Accueil milanais de la Caritas (Ssm) dans le dossier - des personnes apparemment normales, des jeunes de 18, 20 ou 25 ans, mais qui vivent des histoires de pauvreté matérielle et relationnelle. Nous voyons ainsi de plus en plus de gens, sans emploi, parfois aussi sans logement et avec tant de solitude".

Et pourtant il y a de forts paradoxes qui risquent de confondre les esprits : "On remarque que nombre de jeunes possèdent deux portables - déclare Pelizza - et nous avons mis en évidence comment chez les jeunes la propension à la dépense a changé. Mais à l’origine il n’y a pas une situation de bien-être réel, mais plutôt une incapacité de gestion de l’argent, probablement le fruit d’une culture tordue.

De la fausse consommation, donc : l’excès du superflu, des portables à l’habillement tendance, qui amène les familles à s’endetter ; "des effets de la fragilité psychologique avec laquelle ils regardent l’avenir", les définit le magazine qui depuis 44 ans s’occupe de condition juvénile.

Voila donc les nouvelles formes de pauvreté qui seraient à combattre : "Il est bon de s’inquiéter des retraités, parce qu’ils votent eux aussi - souligne le directeur du magazine - mais le futur appartient aux jeunes et c’est un défi fondamental que celui de leur assurer un véritable bien-être".

Mais la question est :

-  comment ?

Le dossier propose quelques opinions.

De l’idée de promouvoir le "capital humain", comme le soutient Giacomo Vaciago, professeur de Politique économique à l’Université Catholique de Milan, selon lequel "les gens n’arrivent plus à améliorer leur condition comme jadis, quand il y avait des paysans qui devenaient des industriels et des ouvriers qui devenaient des ingénieurs".

Jusqu’à l’hypothèse d’élargir le Revenu minimum d’insertion : "Cette forme de lutte à la pauvreté devrait être nationale, elle ne devrait pas être confiée à la sensibilité et aux ressources inégales des Communes - lit-on dans le dossier - et "universaliste" (ouverte à tout citoyen indigent en tant que tel et pas seulement à ceux qui appartiennent à certaines catégories de malaise). Le Revenu minimum d’insertion (Rmi) a été expérimenté autour de l’année 2000, mais l’expérimentation a été interrompue. La Loi des Finances 2004 prévoyait de remplacer le Rmi par le Revenu d’ultime instance (Rui). Mais son application est restée sur le papier".

Et c’est justement le manque ou le caractère impropre de certaines réponses que dénonce Pelizza.

En commençant par celle de la Réforme de l’école : "C’est une fausse réponse à un besoin réel - affirme le directeur - mais dans la situation de crise où se trouvent les jeunes les barricades idéologiques ne servent à rien, il faut vraiment travailler dans l’intérêt d’une génération qui est le futur du Pays. Autrement nous serons tous perdants".

sources :

-  repubblica
-  bellaciao



Publié le 21 mai 2006  par torpedo


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