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Intermittents en danger : Histoire de S....

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Fabienne D.... , intermittente du spectacle, chanteuse auteur interprète metteur en scène, est convoquée au commissariat d’ANNECY les MARQUISATS MARDI 30 MAI à 9 heures, pour le même motif (voir texte ci-dessous)

SVP Venez nombreux

Histoire de S....

Bonjour,

Des intermittents sont en ce moment convoqués par le commissariat d’Annecy et mis en garde à vue. D’aprés l’avocate consultée, pour se permettre de telles actions il y aurait une couverture nationale. Quoi qu’il en soit voici un témoignage à faire circuler car il met en cause nos droits fondamentaux.Une action collective est en train de voir le jour pour répondre à ces accusations, vous pouvez faire passer mon mail si vous connaissez des intermittents concernés.

-  Voici le texte de S.... :

Suite à une convocation sur mon portable au commissariat d¹Annecy, et sans aucune explication concernant le motif de cette convocation, je me rends à 9h le matin au commissariat d¹Annecy. Je n¹avais pas la moindre idée de ce qui m¹attendait : Là on me dit que je suis en garde à vue jusqu¹àu soir, si tout va bien, que j¹ai le droit de voir un avocat, et de prévenir une personne de mon choix. Je sens s¹écrouler un cube de verre imaginaire tout autour de moi et dans ce fracas de verre brisé tous mes sens en éveil, je commence à me sentir coupable, mais de quoi ?!. ?! On me demande de retirer mes lacets, et tout le cinéma (essayez donc d¹aller aux toilettes avec le flic qui garde la porte ouverte), photos face profil avec l¹ardoise noire, empreintes digitales, pas le droit de passer un coup de fil par toi même ni de répondre à un appel, etc...)

On m¹assène la coup sous les termes suivant : ³escroquerie aux assedic²

On me récite mes droits, je saisis l¹occasion de l¹avocat commis d¹office pour avoir une heure de répit et avoir en face de moi quelqu¹un qui n¹est pas un ennemi, c¹est une petite pause salutaire. Mais le pauvre n¹est au courant de rien, n¹a pas accès au dossier et ne peut que me réciter des banalités, ça fait tout de même du bien de parler à un être humain.

On commence par me nier le droit de me prétendre artiste, on me parle d¹émissions de télé, un autre flic arrive et décrit en rigolant la dernière émission de la nouvelle star, ³eux ont du talent ces petits jeunes².

Ma substance vitale est en train de me quitter.

Et peu à peu j¹apprends que les Assédic ont déposé une plainte contre l¹association xxxx... (je ne sais pas si je dois mettre le nom) avec laquelle j¹ai travaillée pendant trois ou quatre années comme relais pour mes heures, cachets et interventions artistiques.

On me demande de signer une autorisation de perquisition alors que mon domicile en Haute Savoie est celui de mon compagnon et que le mien est dans les Alpes de Haute Provence, et sur mon refus, on me menace de prolonger la garde à vue, de mettre ³en bas² comme ils disent, avec coups de poings sur la table, haussement de ton, et pressions psychologiques.

Je finis par signer pour avoir la paix, puis je demande à me rétracter et là : re-menaces et haussement de ton. « Si vous collaborez on en tiendra compte etc,.... »

Je finis par accepter la perquisition chez B... alors que mon adresse officielle est à Reillanne (alpes de haute provence) On me questionne sur des faits remontant à 5 ans en arrière, qu¹avez -vous fait en 2001, 2002 ?

Je m¹embrouille dans les dates, je n¹aime pas le passé, je suis toujours tournée vers l¹avenir et je n¹ai pas la mémoire des dates. Nous aussi on a des problèmes de mémoire, on en a tous² me dit le collègue du flic. On m¹annonce qu¹on a les moyens de me faire avouer et que on verra tout à l¹heure...je me sens prise dans un piège...j¹ai l¹impression que je ne vais pas survivre à cela, ma tête me fait mal, j¹ai l¹estomac qui fait n¹importe quoi. Je vois mes parents mourir de chagrin, ma maison saisie, mon couple démoli etc, etc....

Arrive l¹heure de midi, on m¹apporte le ³plat Sarcozi², qui me donne envie de gerber, l¹odeur est à l¹image du reste. La femme flic a peur que je fasse un malaise et me force à manger...j¹avale trois petits poids...j¹ai envie de vomir.( Fini les bons vieux sandwitch de Maigret)

On perquisitionne au domicile de mon compagnon (50km) De retour au commissariat, après avoir saisi tous mes feuillets et mes documents professionnels, ainsi que ceux concernant ma compagnie artistique, on m¹interroge pendant encore 6 heures non stop sur ces documents, comment se passe l¹enregistrement d¹un disque, qu¹est-ce qu¹un concert, un spectacle, pourquoi telle facture ou telle pièce ?

Des noms, qui est ce musicien, vous avez répété combien de temps, -³ah, 12 heures de travail, vous vous foutez de nous² etc...

On remonte depuis 2001, je ne me souviens de rien, je suis trop émue pour pouvoir me défendre ou me justifier.

Je m¹embrouille encor plus dans les dates. J¹ai monté cette association loi 1901 pour pouvoir fonctionner sur des projets artistiques tels que comédies musicales, concerts, disques en souscription etc.. Je n¹ai pas d¹argent, jamais reçu aucune aide ni aucune subvention de personne, je bosse des heures et des jours et des nuits comme tout le monde pour mener à bien tout ça comme un grand nombre d¹artistes dans mon cas, je n¹arrive pas à mettre 3000 euros de côté pour changer ma voiture qui a 20 ans (brave vieille nevada !) bref, la galère, mais le bonheur d¹avoir choisi sa vie et de pouvoir construire des projets artistiques.

On m¹explique que je vais devoir rembourser 47 000 euros (j¹ignore d¹où sort cette somme, car cela voudrait dire que j¹aurais touché plus de 900 euros par mois des Assédic pendant 4 ans, ce qui est loin d¹être le cas)

Vers 9h du soir (12 heures plus tard de destruction systématique, je signe la déposition qui fait six pages, je n¹arrive pas à relire, j¹aurais signé n¹importe quoi pour qu¹on me laisse partir. Je sens le sol se dérober sous mes pieds, mon avenir s¹écrouler, j¹ai envie de me foutre en l¹air, je me sens humiliée et brisée.

Finalement, après un interrogatoire éprouvant de 12 heures, on me laisse partir avec la tête en feu, une nausée violente et pas du tout littéraire. Non sans m¹avoir demandé de faire la preuve de toute mon activité artistique depuis 2001 -sans quoi je considérerais qu¹il y a eu tricherie !

Je suis restée sans voix pendant deux jours, pour une chanteuse c¹est amusant et j¹ai souhaité de tout mon coeur trouver un boulot au supermarché du coin, et ne plus entendre une seule note de musique de ma vie.

Deux jours après, je me relève et je me dis qu¹il ne faut pas baisser les bras, ne pas leur donner raison, alors je repars sur le sentier de la guerre, sur ma clé de sol avec ma boule dans la gorge mais aussi l¹envie de me battre et de ne pas en rester là.

Il y a beaucoup d¹autres petits soldats de l¹intermittence qui vont passer comme moi sur le grill et j¹aimerais bien qu¹ils se manifestent, pour que nous soyons plus forts ensemble pour nous défendre et garder la tête haute.

Voilà comment, ne parvenant pas à faire disparaître le statut des intermittents par les voies de la négociation, on tente de le faire par d¹autres moyens

S.....

Solidarité

-  Notre isolement c’est leur force

Dans l’affaire qui suit on constate deux niveaux :

-  1.. une atteinte à la personne ; c’est pour nous du ressort de notre citoyenneté, des collectifs anti sarko, de la ligue des droits de l’homme etc.. C’est être présent à l’hotel de police lorsque les copains sont convoqués avec des représentants de différents partis syndicats, associations... (Se souvenir par exemple, que la circulaire Pascal Clément enjoint les magistrats à requérir des peines d’emprisonnement ferme pour les infractions commises à l’occasion des manifestations anti-cpe)

-  2.. une atteinte au salarié (nous sommes toujours sous un régime avec présomption de salariat) dont la défense se passe normalement par les syndicats, pour nous la FNSAC-CGT (http://www.fnsac-cgt.com/) (divers syndicats selon les branches).

Ici le problème de dossier (dont j’ignore les tenants et aboutissants) est passé directement à la justice, sans concertation, sans passer par la commission assedic etc..

N’hésitez pas à me contacter en cas de problèmes ou d’informations : Denis MICHEL (représentant le SFA Syndicat Français des Artistes-interprètes) 04 79 85 21 57 ciedm@delokmanivelle.com



Publié le 29 mai 2006  par Laiguillon


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