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Fidel Castro, au-delà des "images"... (Chapitre I) de Danielle Bleitrach

Catégorie politique
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(JPEG) Il ne s’agit pas ici de prétendre éclairer la personnalité de Fidel Castro. Pour cela il y a des biographes infiniment plus qualifiés que moi, tant en ce qui concerne l’homme que ses écrits, mais, à partir de ce que je sais de Cuba, m’inscrire en faux contre l’image médiatique stupide que l’on tente de nous fabriquer en France et qui finit par être plus déshonorante pour nous que pour ce chef d’Etat, ce révolutionnaire.

Il est incontestable en effet que nous avons à faire à un des hommes politiques les plus considérables de notre temps. Tenter de le réduire à une caricature ne témoigne que de la faiblesse du débat politique aujourd’hui. Mieux la propagande anti-cubaine est révélatrice de l’état réel de la démocratie en France et en Europe. C’est que cette série d’articles tend à démontrer.

Chapitre I . Cuba disparaît derrière Fidel Castro :

-  I. Le dictateur d’un totalitarisme toujours menacé d’effondrement ?

Si l’on en croît cette "image", qui a fini par devenir dominante en Europe, en France en particulier, Fidel Castro serait un "dictateur" qui imposerait à son malheureux peuple un choix socialiste qui aurait fait faillite partout ailleurs.

Voici la formule lapidaire qui le désigne sur le site de Reporters Sans Frontières : "Le président cubain est le doyen des dictateurs de la planète. Le secret de sa longévité ? Interdire la critique." Ou encore toujours dans le même genre d’omnipotence, le crédit accordé aux élucubrations du magazine Forbes, qui fait de Fidel Castro la première fortune du monde en lui attribuant en toute simplicité le budget et jusqu’à la propriété des bâtiments officiels cubains, comme le Palais des Conventions. Cuba, son peuple, tout a disparu comme avalé par l’ogre que serait Fidel Castro.

Cuba cette « anomalie » disait Aznar. A la chute de l’Union Soviétique, pendant plus de dix ans, une petite île des Caraïbes s’obstine dans son choix non seulement de souveraineté, mais proclame son choix « socialiste » face à l’Empire désormais sans rival.

Pour un Français, il y a dans ce défi un incontestable panache, il peut s’empêcher de songer à la bande dessinée très populaire, Asterix. Le petit village gaulois qui résiste à César, et à l’Empire. Notons que malgré toute la propagande, cette « image » contradictoire résiste et rien ne vient entamer la sympathie spontanée éprouvée par les Français pour Cuba. Donc en proclamant « Cuba si, Castro non ! » , la propagande anti-cubaine opère un contournement, on évite Cuba et on réduit « l’ anomalie » à la volonté tyrannique de son chef d’Etat.

Autre dimension qui doit être détournée, la popularité du Che, l’épopée révolutionnaire des Barbudos, qu’à cela ne tienne on mettra l’accent sur la « rupture » intervenue entre le Che et Fidel Castro. Le slogan reprend celui de Cuba : « Cuba si, yankee no ! »

Pour faire bonne mesure non seulement on tentera d’attribuer la mort du Che à l’abandon de Castro, mais on ira jusqu’à lui attribuer celle de Salvador Allende. Que le Che à son retour d’Afrique, avant de partir en Bolivie, soit passé à Cuba, qu’il ait confié sa famille, ses enfants à leur oncle Fidel, que ceux-ci ne cessent de témoigner en faveur de ce dernier, de dénoncer la manipulation de leur père, n’y fait rien.

« On meurt beaucoup autour de Fidel Castro ! » constatait finement un auteur ordurier qui a bénéficié de tous les plateaux de télévision, de tous les journaux sans qu’il soit possible tant est forte la censure médiatique de lui apporter la moindre contradiction. (1)

On meurt beaucoup autour de Fidel Castro, certes et la CIA n’y est pour rien, le corps supplicié du Che n’a pas été par leur soin amputé de ses deux mains pour que les empreintes soient vérifiées aux Etats-Unis. L’histoire jugera la manipulation, en attendant ses effets atteignent moins Cuba et Fidel Castro que nous-mêmes, notre information, notre édition qui diffuse de telles âneries malveillantes.

Cette manière de faire disparaître Cuba derrière Fidel Castro, la résistance occultée par la « tyrannie », explique la présentation du personnage.

Il est vieux, vacillant, une sorte d’allégorie de Cuba toujours décrit au bord de l’effondrement.

Quand il fera une chute, on repassera en boucle cette chute, la télévision s’en délectera. On oubliera de montrer la manière dont il fait face à la douleur, rassure les Cubains, fait son propre diagnostic. Il faut cacher l’extraordinaire volonté de cet homme, là encore il s’agit de Cuba dont chacun guette la chute. Rien à voir avec la manière dont les Cubains ont accueilli la nouvelle, en parlent encore « Povrecito, il s’est fait mal, me disait une amie, en ajoutant aussitôt, mais faut-il être bête pour ne pas regarder où on met les pieds ! », oui il y a une symbiose comme l’affirmait le Che entre Cuba et Fidel, mais la nature de celle-ci reste à élucider.

Pour la propagande « anti-castriste » qui n’est que le masque de la propagande anti-cubaine, la chute, la mort attendu de Fidel Castro est celle de l’héroïque résistance d’un peuple : « Fin de siècle à la Havane » affirmait un de ces nombreux best-sellers d’une saison, la venue du Pape Jean Paul II devait faire s’écrouler un régime au abois, sempiternellement à l’agonie(2), le siècle est passé et ma foi la Havane et Fidel Castro sont toujours là...

Mieux, le premier mai 2006, ils étaient trois, Fidel Castro, Chavez, et Evo Morales.

Si les prévisions de l’effondrement annoncé sont ainsi sans cesse déjouée c’est probablement qu’il y a quelque chose de faux dans le raisonnement de nos « Cubanologues »., tant en ce qui concerne Cuba, que son « clone tyrannique ».

On peut également penser que si des gens qui manifestent une telle ignorance malveillante sur le passé, le présent et le futur de Cuba, et qui sont pourtant les seuls à avoir droit de cité dans nos médias, les autres étant voué à une censure impitoyable et sans faille (3), nous renseignent moins sur la réalité de Cuba que sur notre propre réalité.

-II. Le blocus n’existe pas (4)

Cette fiction d’un dictateur omnipotent, à quelques encablures de la principale puissance du monde attachée à sa perte, a des vertus pour la propagande occidentale. Elle permet par exemple d’attribuer au seul Fidel Castro les difficultés bien réelles que doit affronter le peuple cubain. Tout est de la faute de Castro, le blocus n’existerait pas, quand il serait vaguement fait état de son existence, ce serait pour laisser entendre qu’il rend service à Fidel Castro, lui permet de maintenir sa dictature sur cette malheureuse île. Car la duplicité de ce Fidel Castro est telle qu’il a réussi à se faire passer pour un romantique héros en lutte contre l’impérialisme. Voilà, sous diverses variantes, le menu que l’on nous sert jour après jour...

Non seulement le blocus existe, il a été depuis 62, promulgué par un enchevêtrement de dispositions émanant des Etats-Unis, mais à la chute de l’URSS, deux lois, en 92, 96, sont venues resserrer l’étranglement. En 96, sous le charmant Clinton, il y a eu la loi Helms Burton, qui en outre viole la légalité internationale puisqu’elle est « extra-territoriale ».(4) La promulgation de cette loi, s’est accompagné à la même époque d’une série d’attentats terroristes destinés à empêcher le tourisme dans l’île. Un touriste italien a été tué, le silence médiatique a été total.

Cette omerta de la presse occidentale n’est pas un cas d’espèce. Souvenez-vous quand en 89, éclate la « Révolution » roumaine, on nous monte le faux charnier de Timisoara. Au même moment, au Panama, l’aviation nord-américaine sous couvert de « libérer » le Panama de son « dictateur » Noriega, bombarde et fait plus de 3000 morts.(6) Le silence sur cette intervention est total dans les « médias » libres. On s’interroge encore sur la discipline dont on fait preuve à cette occasion l’ensemble du monde de la presse et de la télévision,
-  quel type de tyrannie peut obtenir une aussi touchante unanimité ?

Depuis les exemples ne cessent de se multiplier, mais le cas cubain est exemplaire. S’agit-il des centres de torture que l’Empire dissémine sur toute la planète, ces zones de non-droit où des prisonniers fantômes subissent dans le silence général des traitements abominables, on découvre que là où s’est expérimenté le modèle est la base étasunienne à Cuba de Guantanamo. Il y a même eu des beaux esprits pour s’indigner de ce que Fidel Castro « tolère » de tels agissements sur l’île, on ne l’a pas accusé de complicité, mais c’est tout juste. (7) Ce qui permet d’ailleurs de ne pas souligner que le seul endroit à Cuba où des gens sont enfermés en toute illégalité et torturés, est cette enclave nord-américaine.

Donc le blocus existe et son coût est considérable. Toutes les années l’Assemblée Générale des Nations Unies, à la quasi unanimité, le dénonce.(8) Un tel blocus, dans l’Irak de Saddam Hussein se traduisait par la mort de 5000 enfants par an, alors qu’à Cuba le taux de mortalité infantile est comparable à celui des pays les plus riches de la planète.

Ce sont des faits établis.

Nos médias qui peuvent écrire des articles entiers sur la situation cubaine, premièrement en ne faisant jamais état du blocus, deuxièmement en ne comparant jamais Cuba aux îles voisines, ni au reste du continent sud américain, comparaison qui serait pourtant édifiante en matière de sous développement, ils peuvent ainsi attribuer à Fidel Castro et au socialisme, ce qui relève d’une insupportable agression et d’une situation de sous développement. Cuba ne subirait pas le blocus, ni le terrorisme qui a pourtant fait depuis 59 plus de 4000 morts et autant de blessés à vie. Cette négation du terrorisme que subit Cuba passe là par la censure des faits. Jamais vous n’entendrez parler de Posada Carriles, ce terroriste qui a sévi dans toute l’Amérique latine, dont le Venezuela réclame l’extradition, et à qui l’on peut attribuer non seulement l’assassinat de 73 passagers d’un avion civil cubain en plein vol, comme il a revendiqué celui d’un touriste italien qui, selon lui, avait eu le seul tort de se trouver en vacances dans un hôtel cubain. Jamais vous ne saurez que, entré illégalement aux Etats-Unis en 2005, il y jouit pourtant de la protection du gouvernement nord-américain. Jamais vous n’entendrez parler de l’affaire des 5, ces Cubains détenus illégalement dans les prisons nord-américaines pour avoir voulu prévenir les attentats terroristes dont leur pays est menacé en infiltrant ces groupes terroristes basés en Floride.

En revanche, les défilés, les tribunes anti-impérialistes, vous seront représentées comme un spectacle grâce auquel Fidel Castro se livre à son étrange manie : dénoncer les Etats-Unis. Vous avez droit à cette caricature, une foule dont bien sûr on laisse entendre que telle un troupeau de bestiaux elle est rabattue par la police de Castro autour de sa tribune, et le « dictateur » en proie à sa logorrhée habituelle leur impose son fantasme anti-impérialiste.

Que ces discours soient la plupart du temps de remarquables analyses, vous n’en saurez rien.

Notons tout de suite, que si le public français soumis à un tel martèlement idéologique peut ignorer la situation réelle, du blocus, comme du terrorisme, les Cubains eux ne peuvent s’en abstraire et cela change beaucoup de chose.

Il faut également noter que l’ensemble du Tiers Monde, et singulièrement l’Amérique latine n’a pas du tout la même vision de Cuba et de Fidel Castro.

Certes il existe en Amérique latine une oligarchie soumise aux Etats-Unis, elle détient la presse et les moyens de communication, y compris au Venezuela, les gouvernements sont soumis à la pression U.S et invités à s’aligner sur sa propagande, voire à présenter des condamnations de Cuba sur le thème des droits de l’homme comme le fit l’Uruguay ou le Honduras, mais les peuples en sont pas dupes. Cuba et Fidel Castro jouissent d’un prestige que le mouvement actuel qui secoue l’Amérique latine a encore amplifié.

Donc quand non seulement nos médias de droite, mais le politico-médiatique, y compris de gauche, voire communiste, contribue à entretenir cette fallacieuse image d’un « dictateur » qui imposerait son pouvoir à un malheureux peuple apeuré, ces peuples d’Amérique latine ne s’y trompent pas, et légitimement considèrent cela comme de la propagande étasunienne, soit comme le symptôme de la dégénérescence des communistes français. (9) Le prestige de l’Europe, de la France qui fut longtemps une terre d’exil pour les progressistes sud-américain, en est grandement entamé, surtout que, comme nous le verrons, la politique de l’Europe, de la France, dans un sous continent où monte les résistances, est de plus en plus sévèrement jugée. C’est pourquoi et c’est tout le sens de cet article, il ne s’agit pas de défendre Cuba, mais de nous défendre nous-mêmes, de bien prendre conscience en quoi une telle propagande, renseigne sur l’état réel de l’information en France et en Europe.

Donc pour résumer notre analyse, à travers l’image d’un dictateur plus ou moins sénile seul responsable de la résistance cubaine, de ses choix socialistes, il s’agit de limiter voire de détruire le capital de sympathie que cette résistance peut susciter. Cuba est aspiré dans l’image de Fidel Castro qui se doit alors d’être noircie en violation des faits.

Si Cuba a toujours représenté une véritable obsession pour les gouvernements des Etats-Unis, et si ces mêmes gouvernements continuent leur pression, l’amplifient après la chute de l’URSS, il y a bien sûr l’insupportable défi, mais aussi et surtout la manière dont Cuba a été et reste la clé de la résistance de l’Amérique latine. C’est pourquoi, il va y avoir face au processus de résistance tel qu’il se développe en Amérique des tentatives parallèles pour isoler Cuba, toujours à travers la personnalité imaginaire de Fidel Castro. Ce qui est de plus en plus difficile.

Dans un prochain article, nous tenterons de comprendre pourquoi en France et plus généralement en Europe, cette image de Fidel Castro est ainsi entretenue, diffusée, et pourquoi tout autre information se heurte à une impitoyable censure. On comprend bien en effet en quoi les Etats-Unis, voire la droite atlantiste, peut ainsi monter de toute pièce une telle fiction, mais on se demande en quoi l’Europe a intérêt à s’en faire le meilleur propagandiste, paraissent tout aussi obscurs les intérêts de la gauche française et encore plus des communistes dans ce domaine.

Notes :

(1) La plus méchante production étant sans doute « Castro, l’infidèle » de Serge Raffy. Fayard. 2003. Qu’il se soit trouvé un éditeur pour publier un tel torchon est déjà étonnant. Mais que de telles âneries malveillantes aient bénéficié d’une promotion inouïe sans que le moindre contradicteur puisse intervenir paraît extraordinaire.

(2) Lors de la venue du Pape, qui devait inaugurer la chute du « régime », Fidel Castro a excellemment résumé la veille de l’arrivée du souverain pontife, la nature de « l’exception cubaine » : « il faut lui faire comprendre que si le socialisme a été imposé à son pays la Pologne, ici il s’agit d’une création de notre peuple et que nous y tenons. » Ce qui fut fait et le fin politique qu’était Jean Paul II prit acte de la situation. Son discours final sur la place de la Révolution fut un modèle d’anti-impérialisme et de condamnation du blocus. A l’époque, à l’inverse de tous les Cubanologues, dans un article des Temps Modernes, j’avais annoncé que Cuba résisterait à ce pape qui faisait tomber « les murs »... Il suffisait de connaître Cuba, et la manière dont s’y posait le problème religieux.

(3) La promotion d’ouvrages anti-castristes, la multiplication d’articles venimeux n’est que la pointe visible de l’iceberg, le phénomène essentiel est la censure qui frappe toute opinion contradictoire. Il est impossible fut-ce dans un courrier des lecteurs de dénoncer de simples erreurs factuelles concernant Cuba à partir du moment où elles remettent en cause la doxa médiatique. L’extension est telle que nos propres livres, en particulier « Cuba est une île », alors même que personne n’en remettait en cause le sérieux, ni la qualité de l’information, ont subi une censure totale, y compris de l’Humanité. DE MAL EMPIRE a bénéficié d’une meilleure couverture puisque le Monde Diplomatique, Marianne et positif lui ont consacré des notes de lecture, mais l’Humanité, malgré des interventions multiples de lecteurs communistes et des pétitions émanant de communistes, s’est heurté à la même volonté de censure de la direction du journal et de toute la presse communiste. Rien de favorable à Cuba ne doit être attribué au dit journal.

(4) Avec la variante de gauche : le blocus n’explique pas tout. Certes mais on aimerait bien qu’un jour ces belles âmes nous disent réellement ce qu’il explique. Dans cette variante se sont particulièrement illustrés les communistes de la LCR, Krivine, mais aussi Jeanette Habel qui dans un article sur deux pages du Monde Diplomatique de l’été 2004, analyse théoriquement les mesures prises par Bush 2004 pour resserrer encore le garrot, y consacre un paragraphe et le reste « aux blocages internes », un pâté d’alouette : un cheval sur les blocages, une alouette sur ce que subit Cuba. Ou encore un propos dont le fond est « moi qui suis révolutionnaire, qui ai tant soutenu la Révolution Cubaine, je puis vous garantir que celle-ci est devenue une catastrophe »..

(5) Voir « Cuba est une île », où le blocus est analysé et la loi Helms Burton traduite en Français par Viktor Dedaj. C’est édifiant.

(6) On sait que Noriega était un agent stipendié de la CIA, mais pour avoir voulu manifester une volonté d’indépendance sur le canal, les Etats-Unis « découvrirent »qu’il était non seulement un « dictateur », mais un trafiquant de drogue. L’opération « juste cause » fut déclenchée et occasionna 3000 morts.

(7) Le statut de Guantanamo n’est pas connu des Français. Ils ignorent que cette « base » nord-américaine, contre laquelle les Cubains ne cessent de protester a été installé, avec l’amendement Platt qui mettait en tutelle la politique extérieure de Cuba, aux lendemains de la guerre d’indépendance contre l’Espagne en 19O2, une victoire volée par une intervention nord-américaine et les accords de Paris, où le sort de Cuba fut décidé sans que les Cubains soient consultés.

(8) Il n’y a que les Etats-Unis et Israël, plus quelques dominion des Etats-Unis dans le Pacifique comme les îles Marshall ou Palau qui refusent cette condamnation. Le gouvernement français et tous les gouvernements européens le condamnent. Autre chose est l’arbitraire que font peser les Etats-Unis sur les institutions internationales puisque cette condamnation n’est pas suivie d’effets.

(9) Car la cécité plus ou moins volontaire sur Cuba empêche de comprendre ce qui se joue en Amérique latine puisque Cuba est une des clés de l’Amérique latine. Si aujourd’hui le PCF et la LCR manifestent une certaine sympathie au Venezuela et à la Bolivie, en continuant à pratiquer la censure sur Cuba, ce qui a des conséquences. Un exemple le 6 mai 2006, un article en ligne de l’Humanité témoignait à la fois de l’ignorance du dossier et de la position réelle des communistes français face au processus à l’œuvre. Il s’agissait de rendre compte de la signature de l’Alba par Evo Morales. L’article intitulé « la sainte trinité » fourmillait d’erreurs factuelles, par exemple il y était indiqué que Cuba envoyait des enseignants au Venezuela contre un tarif préférentiel pétrolier, en oubliant que c’était toute la zone Caraîbe qui bénéficiait de ce tarif préférentiel. Mieux, la journaliste feignait « l’objectivité », la distance avec l’événement et laissait planer le doute sur la manière dont l’Alba risquait de détruire le Mercosur, puisque disait-elle l’Argentine et le Brésil ne voudrait pas entendre parler de l’Alba et donc Chavez serait en difficulté au sein du Mercosur. Non seulement Chavez avait signé l’Alba, il y a un an sans que cela pose problème au Mercosur, mais les dits gouvernements venaient d’appuyer la nationalisation des hydrocarbures décidés par Evo Morales. Si on analyse bien le fond de la manière dont le PCF rend compte du processus en Amérique latine, on ne peut manquer d’être frappé comment sous couvert de « démocratie » la plupart des prises de position sont proches de celles des socialistes, de l’Europe en général, qui tendent à isoler « les meneurs » de l’ensemble du continent et soutient de fait une « gauche » capable de s’intégrer aux coopérations européennes. Le fond est que le PCF n’a plus de politique internationale autonome.

CHAPITRE II
-  Fidel Castro et le "génie" politique

source :
-  Bellaciao



Publié le 2 juin 2006  par torpedo


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