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Ségolène Royal et la surenchère

Catégorie politique
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(JPEG) Pendant que les deux prétendus finalistes de la course à la présidentielle -imposés par la presse officielle et des statistiques relevant de la « voyance divinatoire »- s’étripent à coups de surenchère « au tout sécuritaire », amusons-nous à décrypter la phrase assassine suivante :

« Ségolène Royal propose des stages dans des écoles de parents dès le premier acte d’incivilité d’un enfant » Humanité

-  Eduquer les parents et leur montrer le droit chemin ?

-  Que veut dire être bons parents ?

-  Sur quels critères ?

Sachant qu’au sein d’une famille, des enfants sculptés par la même femme et le même homme, peuvent avoir des sensibilités différentes, il n’existe donc aucune recette convenue quant à un idéal d’éducation. C’est en les observant et en tentant de comprendre leurs aspirations profondes que nous, parents, essayons de les guider plus ou moins maladroitement vers un épanouissement authentique. Quelquefois, nous commettons également des erreurs d’interprétation. Il n’existe donc pas d’écoles de parents. C’est un apprentissage mutuel qui évolue au jour le jour parsemé d’embûches, de doutes, d’interrogations et de rires...

Il faut également du temps pour comprendre l’enfant.

Mettre sous tutelle et continuer à humilier les parents dits défaillants des milieux défavorisés en leur imposant une école de la vie me semble extrêmement pervers. Les enfoncer en les pénalisant alors qu’ils souffrent déjà d’asphyxie, est le comble du "cynisme tyrannique".

D’ailleurs, au lieu de pointer toujours du doigt les familles précaires et analphabètes, penchons-nous un instant sur les berceaux de ces pauvres gosses de riches, élevés la plupart du temps par des domestiques, entrevoyant leurs parents « hyperactifs » entre deux avions, goûtant à la volée la saveur d’un baiser, finissant pour quelques-uns, suicidés par overdose de coke dans des quartiers où solitude rime avec textile griffé.

-  Les familles de pauvres seront-elles également sollicitées pour donner des cours d’éducation aux familles de riches ?

Par exemple :
-  leur apprendre à récupérer dans les poubelles des objets cassés pour en faire des merveilles en stimulant l’imagination des enfants ?
-  partager un chocolat chaud en famille le 10 du mois, le RMI ne permettant plus d’acheter de la viande ?

Des petits plaisirs simples mais qui soudent une famille en la rendant irréversiblement solidaire.

Bien entendu la violence est condamnable, mais ce n’est pas la partie visible de l’iceberg qui est à remettre en cause mais la création même de cet iceberg.

Regardons plutôt du côté des délocalisations et des actionnaires.

« Il est temps de mettre en place une politique de sécurité efficace pour rétablir un ordre juste et une sécurité durable si chacun est à son poste et remplit sa fonction, de la famille en passant par l’école jusqu’aux services publics et jusqu’au rôle de la police. » Traduction concrète : « mise sous tutelle des allocations familiales », « placement d’office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier », « tuteur des collégiens pour faire respecter la discipline », « internat scolaire de proximité » pour les jeunes auteurs de violences qui « pourrissent la vie d’un collège » (« Ils sont en échec mais il y a place pour la commisération ».) Elle propose des stages dans des écoles de parents dès le premier acte d’incivilité d’un enfant. « C’est une approche globale, tout se tient si chacun est à sa place, dans son rôle, avec ses responsabilités éducatives, avec des métiers qui correspondent aux besoins des jeunes », a-t-elle souligné.

-  Aparté sur l’encadrement militaire et la mise-à-l’écart des mineurs :

Les pas cadencés aux sons militaires accouchent toujours d’une danse hybride où la fascination pour les armes à feu conduit fatalement aux tueries de demain.
-  La délinquance criminelle se métamorphosant en crime organisé contre l’humanité ?...
-  Les militaires ne s’entraînent-ils pas pour la guerre ?...

Je ne comprends pas ce genre de pansement viril.

Les cours de musique ou l’éveil artistique ont fait leurs preuves plus efficacement.

Je ne suis pas réfractaire à l’idée qu’une femme soit Présidente. Tant d’hommes ont été si décevants.

Peut-être alors la terre se révélerait-elle vraiment ronde au lieu de respirer « carré ».

Mais le programme que nous propose Ségolène Royal traduit ce complexe terrifiant des femmes au pouvoir qui veulent faire mieux que les hommes tout en émettant des râles de robots.

Cette dame a dit oui à la constitution, louche vers Blair et est une des rares à n’avoir pas signé la pétition pour l’amnistie des militants anti-CPE.

Alors si c’est une femme, elle ne sera certainement pas celle-là.

D’ailleurs, je me moque que cela soit une femme, un homme, un lilliputien (ne) ou un travesti (e),un philosophe ou un clochard (e) je m’accrocherai au programme ressemblant aux idées que j’ai envie de défendre afin que mon enfant sache que l’antienne liberté, égalité, fraternité n’est pas un sucre d’orge pour demeurés mais bel et bien une éthique de vie.

Lire également :
-  Ségolène Royal : une truffe dans le caviar



Publié le 4 juin 2006  par franca maï


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