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Caporal Gilad Shalit, citoyen français par Arik Diamant

Catégorie politique
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Devinez qui a été enlevé ?

Ce sont les premières heures du matin, à l’extérieur il fait encore noir. Des guérilleros sortent de nulle part pour enlever un soldat.

Après des heures à se déplacer soigneusement, les guérilleros atteignent leur cible, et l’embuscade est en route !

En quelques secondes, le soldat se retrouve face au canon d’un fusil.

Un coup dans le visage avec la crosse du fusil et le soldat tombe à terre, en saignant.

Les kidnappeurs le prennent, lui attachent rapidement les mains et lui bandent les yeux et disparaissent dans la nuit.

Cela aurait pu être la fin du kidnapping, mais le cauchemar venait juste de commencer. La mère du soldat s’effondre, son père prie. Ses officiers promettent de faire tout ce qu’ils peuvent pour le récupérer, ses camarades jurent de le venger.

Une nation entière prends les armes, en écrivant leur douleur et leur inquiétude.

Personne ne sait comment va le soldat :
-  Est-il blessé ?
-  Ses ravisseurs lui donnent-ils un minimum de décence humaine, ou le torturent-ils à mort en bafouant son honneur ?
-  Souffre-il des pires souffrances ?
-  Reviendra-t-il à la maison ?
-  Et si oui, quand ?
-  Et dans quel état ?

-  Est-ce que l’on peut rester apathique à la lumière d’un tel drame ?

Le terrorisme israélien

Vous serez étonnés de savoir que cette description, n’a rien à voir avec le kidnapping de Gilad Shalit.

C’est l’histoire d’une arrestation que j’ai effectuée en tant que soldat de l’IDF (forces armées israéliennes), dans la casbah de Naplouse, il y a environ 10 ans.

Le "soldat" était un garçon de 17 ans, et nous l’avons enlevé parce qu’il connaissait "quelqu’un" qui avait fait "quelque chose".

Nous l’avons emmené, attaché avec un sac de toile de jute sur la tête, dans un centre d’interrogatoire du Shin Bet connu sous le nom de "Colline du Hurlement" (A l’époque, nous pensions que c’était drôle). Là, le prisonnier a été tabassé, violemment secoué et privé de sommeil pendant des semaines ou des mois. Qui sait.

Personne n’a écrit à son sujet dans le journal. Des diplomates européens n’ont pas été appelés pour l’aider. Après tout, il n’y avait rien d’inhabituel dans le kidnapping de cet enfant palestinien.

Au cours des 40 années d’occupation, nous avons enlevé des milliers de personnes, exactement comme Gilad Shalit a été capturé : Menacé par une arme, frappé impitoyablement, sans juge ou jury, ou témoins, et sans fournir à la famille des informations sur le captif.

Quand les Palestiniens font cela, nous l’appelons du "terrorisme". Quand nous le faisons, nous faisons des heures supplémentaires pour "blanchir" l’atrocité.

-  Suspects ?

Certains diront : L’IDF ne kidnappe pas. Ces personnes sont des "suspects". Il n’y a pas de mensonge plus pervers que ça.

Pendant les années où j’ai servi dans l’armée, j’en suis arrivé à une seule conclusion :
-  Que fait un "suspect" ?
-  Qui exactement le suspecte, et de quoi ?

-  Qui a le droit de condamner un gosse de 17 ans à l’enlèvement, à la torture et à une mort éventuelle ?
-  Un interrogateur du Shin Bet de 26 ans ?
-  un de 46 ans ?

-  Ces personnes ont-elles une éducation supérieure, indépendamment de la capacité à interroger ?
-  Quelles sont leurs considérations ?

-  Tous ces "suspects" sont-ils coupables ?
-  Pourquoi ne pas les amener devant la justice ?

Toute personne qui croit qu’en dépit du manque de transparence, l’IDF et le Shin Bet font de leur mieux pour réduire au minimum les violations des droits de l’homme est naïve, sinon soumise à un lavage de cerveau. Il n’y a qu’à lire les témoignages des soldats qui ont effectué des détentions administratives pour être convaincu de l’importance de l’immoralité de nos actions dans les territoires.

À ce jour, il y a des centaines de prisonniers qui croupissent dans les prisons et les cachots du Shin Bet, des gens qui n’ont jamais été - et ne seront jamais - jugés. Et les Israéliens sont résolument silencieux face à ce phénomène.

-Responsabilité israélienne

Le jour où Gilad Shalit a été enlevé, j’étais dans un taxi. Le conducteur m’a dit que nous devrions entrer dans Gaza, commencer à tirer sur les gens un par un, jusqu’à ce que quelqu’un craque et rende l’otage. Il n’est pas sûr qu’une telle opération ferait revenir Gilad vivant.

Au lieu d’être entraînés dans des réponses terroristes... nous devrions libérer certains des soldats et des civils que nous avons enlevés. Ce serait approprié, bien, et pourrait provoquer un vent de réconciliation dans les territoires.

Si c’est ce qui fera revenir Gilad sain et sauf à la maison, nous avons envers lui, la responsabilité de le faire.

Arik Diamant, réserviste de l’IDF et responsable de l’organisation "Courage to Refuse".

Cet article est paru le 5 juillet dans le quotidien israélien Yedioth Ahronoth

Source AFPS

-  Lu sur radio air libre



Publié le 8 juillet 2006  par torpedo


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