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Pourquoi je n’irai pas donner mon ADN

Catégorie société
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Je n’irai pas donner mon ADN

L’arracheur d’OGM s’accroche à son ADN Un syndicaliste paysan sera jugé le 25 août à Alès (Gard) pour avoir refusé d’être fiché. Par Gilbert LAVAL

Condamné à Lille à deux mois de prison avec sursis pour avoir détruit un champ de betteraves transgéniques en 2001 à Avelin (Nord), un jeune paysan militant de la CNT, Benjamin Deuceninck, a été convoqué à la gendarmerie de Saint-Martin-de-Valgalgues (Gard) pour un prélèvement ADN, comme le veut la loi Perben 2. (1)

« J’ai refusé , explique-t-il. Parce qu’il est intolérable que les militants syndicaux soient considérés comme des délinquants. »

Résultat : il se retrouve avec une citation à comparaître, le 25 août devant le tribunal d’Alès, pour refus d’obtempérer.

« On parle des lenteurs de la justice, s’exclame l’arracheur d’OGM. J’ai battu tous les records de vitesse ! »

C’est là le signe, selon lui, que la justice est « pressée de criminaliser l’action syndicale et militante » .

Les militants d’Attac, de la Confédération paysanne, les Faucheurs volontaires d’OGM et des réfugiés républicains espagnols se sont déjà donné rendez-vous le 25 août. « Ce sera le procès de la société totalitaire » , promet Benjamin Deuceninck. La loi Perben 2 du 9 mars 2004 soumet au prélèvement d’ADN toutes les personnes ayant attenté aux biens et aux personnes. « C’est 40 % des délits en France et il y a 400 000 condamnations correctionnelles par an. Le pays tout entier sera bientôt fiché », assure Deuceninck.

Ses amis rapportent aussi la mésaventure survenue à quinze arracheurs d’OGM à Clermont-Ferrand en juillet 2005 : « Ils ont tous été contraints de donner leur ADN. Cinq d’entre eux ont été mis hors de cause. Ils sont fichés quand même. »

Tous ont le projet de s’organiser en collectif avec d’autres membres fondateurs : deux militants condamnés pour avoir débaptisé la rue Thiers à Grenoble pour en faire la rue de la Commune. Leur slogan : « N’allez pas cracher dans les gendarmeries ! »

-Libération du 7 juillet 2006

Pourquoi je n’irai pas donner mon ADN

En septembre 2001, à l’occasion des premiers essais OGM, nous avons fauché un champ dans le cadre d’un collectif informel (regroupant la CNT, la confédération paysanne...). Quatre ans après, formé en collectif appelé les « onze d’Avelin » nous étions poursuivis pour dégradation de bien privé aggravé en réunion soit 5 ans ferme et 75 000 € d’amendes sur le papier. La société Advanta, propriétaire de l’essai, réclamait elle 250 000 € de dommages et intérêts. Un mois plus tard, les condamnations tombent : entre un et deux mois sursis et 5000 € d’amende collective.

Les sanctions sont bien en dessous de ce qu’espérait le procureur. Advanta ne souhaitant pas se faire de mauvaise pub ne fait pas appel. Enfin après deux années d’instructions nous pensons être tranquille... Sauf que M Sarkosy grâce à la loi Perben se lance dans un grand délire de fichage de tous ceux qu’ils considèrent « déviant », c’est à dire contre sa politique.

Beaucoup de jeunes arrêtés au cours du mouvement du CPE se sont soumis à ce prélèvement ADN. La peur de l’uniforme, à chaque fois le même discours : « tu es obligé sinon c’est 15 000 € d’amende et un an de prison ! ». Beaucoup se sont laissés abuser. Mes camarades de procès d’hier se sont laissés ficher génétiquement, pour ma part, il n’en sera pas de même !

Accepter aujourd’hui le fichage génétique de tous les militants politiques et syndicaux (et même de la petite délinquance) nous ferait revenir à des heures sombres de l’histoire. Ce gouvernement qui perd pied, qui arrive seul à embraser un pays que l’on croyait éteint n’a pas trouvé mieux pour se refaire une santé que sortir les thèses eugénistes d’autre temps : le fichage des enfants de 3 ans et le fichage ADN étant proposé comme les mesures phares pour revenir à une société pacifiée et heureuse. Se soumettre au fichage ADN reviendrait aujourd’hui à fermer les yeux sur un passé qui étudiait la forme du crâne, du cerveau... pour y trouver aujourd’hui les gênes de la déviance.

Nous, syndicalistes, politiques, autonomes refusons de nous plier à cette règle. Cette fausse mesure de prévention n’est qu’un moyen d’accroître la pression contre tous ceux qui refusent les politiques autoritaires qui renforcent chaque jour la misère et la concurrence entre les individus. Ce fichage constitue une double peine puisque son refus revient à prendre une nouvelle condamnation et comme un sursis + un sursis = prison, Nicolas S peut dormir tranquille.

Je refuse d’être mis au répertoire génétique pour avoir arraché quelques betteraves qui avaient été plantées contre l’avis de la population. Je refuse, nous refusons car nous sommes quelques uns dans ce cas et seront bientôt de plus en plus nombreux à nous soumettre à des pressions politiques dignes du fascisme, à accepter que notre société soit fondée sur la peur, la répression et l’élimination à termes des contestataires. Une société qui enferme ses syndicalistes est une société au bord du gouffre, Le fascisme ne passera pas par nous,

REFUSONS TOUTES ET TOUS LE FLICAGE GENETIQUE !

Benjamin Deceuninck

-  Lu sur RADIO AIR LIBRE



Publié le 12 juillet 2006  par torpedo


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