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Une bavure policière devant la justiceProcès .
dans la rubrique actualité

Publiée le mercredi 4 octobre 2006.

http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-09-28/2006-09-28-837516 Article paru dans l’édition de l’Humanité du 28 septembre 2006.

Des violences commises par la police, à Saint-Denis, en 2001,trouvent demain leur issue judiciaire au tribunal de Bobigny. Ce matin, au tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), s’ouvre le procès de trois policiers soupçonnés de violences sur des habitants deSaint-Denis en 2001. Ce procès a été l’objet de trois renvois depuis la miseen examen de ces agents de police, en avril 2003, pour « violences parpersonne dépositaire de l’autorité publique ». Les accusés, âgés de vingt à trente ans, encourent une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Les faits remontent au mois d’octobre 2001, sur la dalle de la place du Caquet. Des îlotiers contrôlent un jeune homme suspecté d’avoir volé unportable. Le ton monte, une dizaine d’habitants, dont plusieurs mères defamille, s’attroupent devant l’immeuble. Des renforts policiers arrivent etune trentaine d’officiers de police frappent et mettent à terre plusieurspersonnes qui désiraient calmer le jeu.

Juliette, une éducatrice, s’en estsortie avec un traumatisme crânien et de nombreuses ecchymoses à la cuisse. Sept personnes, dont une femme enceinte et deux mineurs, portent plaintepour « coups et blessures ». La confusion et l’indignation règnent, personne n’a compris le comportement des policiers.

Spectatrice de la scène, la cinéaste Françoise Davisse a par la suite crééle Comité pour les droits, la justice et les libertés. Une association destinée à assister les victimes de violences policières dans leurs formalités administratives, à dialoguer avec elles et, parfois, à les aiderfinancièrement. Selon Marc Brunstein, membre du comité, son premier rôle estd’expliquer aux victimes « le contexte » de telles actions. En effet, cesdernières sont longues, coûteuses et, d’après lui, quand « on fait desdémarches à l’encontre de la police, il y a des représailles, des pressions,surtout quand les gens se tournent vers l’IGS (inspection générale desservices) ». De même, pendant l’incident, « la complainte » de certaines personnes se serait transformée « en rébellion » lors du procès. D’ailleurs,ajoute-t-il, « certains ne veulent pas poursuivre » leur procédure,découragés.

Ce n’est pas le cas de Juliette, la jeune éducatrice qui avait étéviolemment agressée par un policier. Après l’incident, elle avait expliqué àl’AFP : « Je n’ai pas compris ce qui se passait. Un policier m’a faittomber, m’a menottée. Il était à cheval sur moi. Plus je criais, plus je me faisais frapper. Il cognait ma tête sur le sol. » Son petit frère, lui,avait été accusé d’« outrage à agent » pour avoir dit « poulet » !Durant sa garde à vue, les policiers lui ont dit que si Juliette retirait saplainte contre les policiers pour « coups et blessures », alors ils enlèveraient la leur. Face au refus, la plainte a été maintenue. Il a été condamné par le juge pour enfants à payer 1 euro symbolique de dommages et intérêts.

Guillaume Poulain FabriceRAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme -www.raidh.org

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