Retour au format normal


e-torpedo-le webzine sans barbelés
Punk attitude

19 juillet 2006

par tuco

Punk rock "old school" ?

(JPEG)

Nous sommes en 1969 et c’est le début de la fin. C’est la fin du rêve baba cool, le summer of love est déjà loin, Woodstock vient de se terminer, et l’année suivante au concert des Stones à Altamont, un spectateur est poignardé à mort par un hell’s angel membre du service d’ordre. 1969, à défaut d’être une année érotique, est une année de transition. Un personnage majeur fera son arrivé sur la

scène underground américaine début 1969 : Iggy Pop, de Detroit, avec son groupe : les légendaires STOOGES.

L’iguane, comme on continue de le surnommer, accouche de l’album de garage rock (le terme Punk n’existe pas encore) : « The Stooges ».

Il est hallucinant de constater que malgré l’absence totale de technique, (comme le dira Iggy par la suite, lorsqu’il y a un quatrième accord, c’est toute une histoire !) les Stooges ont posé les bases de ce que va devenir le rock’n’roll : grunge, noisy et surtout punk. Car ne l’oublions pas, le punk ça n’est que du rock’n’roll joué plus rude (rock’n’roll : terme non restrictif à la musique des années 50, désignant un état d’esprit servi par une musique instinctive et jouissive). Une autre précision importante, le punk est apparu pour faire face au ton mollasson, psychédélique et trop planant qu’avait pris la musique a ce moment là. C’est un retour à l’arrogance du rock des années 50, l’expression d’un mal être, l’équivalent du rap, actuellement, dans l’esprit (uniquement d’ailleurs, fort heureusement !)

Les Stooges vont écrire une des pages les plus authentiques du rock sous forme de trilogie :
-  1er album en 1969 « THE STOOGES » (qui correspond à la découverte du sexe)
-  2ème album « FUN HOUSE » 1970, (l’abus de sexe)
-  3ème album, 1973 « RAW POWER » (le sado-masochisme) rendu encore plus efficace par la présence de James Williamson, suite à la mort naturelle (overdose !) de Dave Alexander.

Et là, c’est la claque, la limite est repoussée, pulvérisée, et plus jamais, elle n’ira aussi loin...

RAW POWER est sans conteste l’album de rock’n’roll le plus authentique de tous les temps et donc PUNK (comme dit ma copine, le Punk, c’est le dernier mouvement de romantisme du rock !).

Dans cet album absolument indispensable, on trouve une alternance de morceau lents, nuancés et rapides qui servent la voix d’outre tombe de l’Iguane. A coté, le titre le plus sauvage des Stones ressemble à une ballade de Phil Barney, c’est nihiliste, authentique, sauvage, jusqu’auboutiste, en un mot c’est du rock’n’roll dont l’esprit a été poussé à son maximum. Les titres sont a la hauteur de ce qu’il contiennent : Death Trip, Gimme Danger (une ballade électrique belle à pleurer), Penetration, et le sublimissime Search and Destroy. C’est le SEUL album de rock que je connaisse qui soit intégralement sans concessions.

Attention, ce n’est pas du hard rock ni du hard core, trash ou autres plaisanteries néometalesques c’est du ROCK’N’ROLL, et tant pis pour ceux qui continuent à se masturber sur une ligne de basse vaguement funky ou sur la virtuosité d’un joueur de blues poussiéreux, cet album n’est pas pour eux. "Le Rock’n’roll est une gigantesque farce mais c’est pour cela que ça tient debout" nous balance Lester Bangs (le critique rock le plus dément de tous les temps).

Iggy savait que l’accomplissement de cet album avait toutes les chances de mettre un terme à sa carrière vu son coté beaucoup trop « pas commercial ».

RAW POWER est un monstre sauvage enfanté dans la douleur, et c’est précisément pour cela que c’est un album absolument unique et magnifiquement pur. Les choses prirent une tournure encore plus violente, puisque après la sortie de Raw Power, (qui n’eût d’ailleurs aucun succès) Iggy se fît interner dans un hôpital psychiatrique, et c’est David Bowie qui l’aidera à en sortir quelques mois plus tard, mais ça, c’est un autre histoire...

En 1977, lors de l’émergence du mouvement Punk, l’album maudit ressortit estampillé du label Punk, et on cria au génie. Après 1977, la suite est pathétique, les punks ont pris de la coke et sont devenus new-wave.

Si quelque chose peut sauver votre âme, c’est RAW POWER par IGGY AND THE STOOGES. Le monde se divise en deux catégories, ceux qui connaissent ce chef d’œuvre d’authenticité et les innocents malchanceux qui ne l’ont pas encore écouté ni aimé. La vie est trop courte, quittez la coalition et courrez vous procurer cet espèce de CD en « voix » de disparition...

SI DIEU ETAIT LE ROCK’N’ROLL, JESUS CHRIST N’AURAIT QUE 3 APOTRES : LES STOOGES.

Tuco

tuco