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e-torpedo-le webzine sans barbelés
Le fabuliste

18 septembre 2006

par Virginie

http://lefabuliste.free.fr/

(JPEG)

-  Musique électronique

Agé d’une trentaine d’année, le fabuliste apparaît tel un rouannais détendu. Abonné à la barbe de trois jours, l’urbain déambule, s’imprégnant de tous les instants de la vie pour nourrir son appétence musicale et réaliser ses univers tout à la fois oniriques, sonores et quasi liquides. Lorsqu’on écoute son travail, le corps glisse, épris d’impressions doucereuses et ouatées d’enfoncement et de mollesse, comme happé par un sofa en velours épais sur lequel alangui, un autrui nous prodiguerait les plus délectables caresses.

Sa sonorité électronique, dans l’univers saturé de la production musical actuelle, possède le caractère innovant des compositions d’appartement ponctuant de longues nuits blanches dans un réel et fécond flou artistique, celui que la nuit imprime aux œuvres écrites entre chiens et loups, quant les paupières sont lourdes et appellent au rêve éveillé, alors que le corps tendu, résiste et lutte pour parfaire encore un peu les morceaux.

C’est un art modeste de la perfection qu’il propose.

Quelque chose de brut et très personnel dont il est possible toutefois de noter, car nous ne créons pas à partir du néant mais bien à partir de notre époque, les influences trip hop (il y a du Tricky là dessous pourrait-on dire, ne serait ce que du point de vue du rythme empreint aux morceaux.)

En définitive, l’architecte de métier - rêvant de maisons, d’espaces de vie non pollués et non polluant, imaginant un monde décroissant, où la nature aurait quelque peu repris ses droits- gère les contradictions de son habitat hyper urbain dans sa production musicale.

Elle mêle les sonorités machinales et répétitives de la ville et du travail humain.

Produite par un engin de ferraille nucléaire (un pc) elle propose tout de même une fraîcheur libre et planante ; Cette façon de planer que notre époque a oubliée, celle qui consiste à regarder le ciel pendant des heures sans se préoccuper de l’image qu’on lui renvoie car il n’en a cure, comptant peut être quelques oiseaux au passage ou gratouillant un sol humide et verdoyant.

Mais la métropolisation est bien plus ardue pour la paix de nos êtres.

Il nous reste, nous, les sans terres, entassés dans nos villes et dont il nous serait toutefois bien impossible de nous défaire tant elle font partie de nous même, nos artistes sincères musiciens et poètes pour nous libérer encore des étaux de bitume, fer de lance de nos sociétés modernes avancées.

Virginie