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Elections présidentielles 2007 : J-28 : vaudevilles

25 mars 2007

par Jean-Laurent Poli

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-  Le grand Flaubert n’a écrit qu’une seule pièce de théâtre, une comédie vacharde plus exactement, qui s’intéress à la politique, sujet qui s’adapte merveilleusement à la farce sinon au vaudeville. Ce n’est pas à la présidentielle mais à la députation que Rousselin, son héros, est candidat. Tard venu à la politique et doté de convictions tièdes (entendre qui traversent tout l’échiquier politique, voire mélangent les genres) il fait primer son intérêt propre sur l’intérêt général. D’aucun se reconnaîtra. La pièce, rééditée à point nommé ces jours-ci et de façon sans doute peu innocente, est une caricature à la Daumier écrite dans un style volontiers provocateur. Gustave Flaubert alors au comble de la gloire considérait le théâtre comme un art inférieur et sans doute lui fallait-il un sujet à la hauteur.

Ce fut la politique

-  Ce qui caractérise le vaudeville - tout metteur en scène ou tout comédien qui l’a pratiqué le sait - c’est un jeu tout en surface : le personnage n’a pas de psychologie seconde, il exprime directement sa nature et semble incapable d’introspection. Mitterrand, Giscard ou Jospin n’auraient ainsi jamais pu être des acteurs de vaudeville. Chirac oui... et même un personnage plutôt sympathique. Avec notre trio de choc, les choses diffèrent.

Sarko est brut de décoffrage, il est ce qu’il dit.

Bayrou, avec un léger supplément d’âme et bien que nimbé d’une aura spirituelle plus proche de Thérèse de Lisieux que de Bernanos, est lui aussi premier degré. Enfin Ségolène Royal affiche une franchise toute déconcertante, son discours comme les schizophrènes s’identifiant à la réalité qu’il décrit :

elle vit dans un univers où le mensonge n’existe pas.

-  On s’aventure chaque jour de la campagne présidentielle qui passe vers un choix par défaut. Beaucoup de socialistes ne se résignent pas au choix de Madame Royal, comme nombre de gens de droite (notamment les plus conservateurs, les "vieille France") à celui de Sarkozy.

C’est donc un vote résigné et non utile qui est demandé aux électeurs, la touche "par défaut" désignant automatiquement François Bayrou s’il passe la barre des 20%, ce qui est loin d’être acquis et qui serait une vraie performance pour le centre droit qui n’a jamais réalisé de telles prouesses.

-  source : FrancemoinsJ

Jean-Laurent Poli