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Elections Présidentielles 2007 : J-O c’est le cas de dire

23 avril 2007

par Serge Rivron

C’est fait : Sarko et Ségo.

(JPEG)


Illustration Rozor

La gauche n’existe plus en France, juste un populisme vichyste contre un populisme moderniste.

5 ans pour rien. Dommage.

Postant ce billet d’humeur à 19h58 et ne voulant pas braver trop fort l’interdiction, je me permettrai d’ajouter du commentaire un peu plus tard. J’ai la télé à r’garder, non mais !

22h15, c’est bon, arrêtons le sottisier. Cette élection qui entérine au fond tant de bouleversements - ce que tout un chacun a à peu près reconnu ce soir - n’a pas changé une chose : la cécité à peu près totale des commentaires, une fois quelques évidences passées.

Il y a en effet, non pas seulement deux, ni trois, mais quatre vainqueurs de ce scrutin :

1. la démocratie : tout le monde l’a dit, pas besoin de s’étendre. Le taux de participation démontre que les Français ont envie de s’impliquer. Le tout est de savoir si ça durera, et à quel prix - ça, on n’en n’a pas du tout parlé.

2. Nicolas Sarkozy : la gauche a essayé d’éluder ce constat-là, on voit bien pourquoi. Mais on dira ce qu’on voudra, réunir plus de 11 millions de voix après avoir été moqué, diabolisé, pourri, vilipendé, délaté, harcelé de dénonciations (parfois calomnieuses) écrites, rimées, chantées, taguées, interviewées masquées pendant plus de 5 ans, c’est effectivement un énorme succès - et un évident et inquiétant pied-de-nez à une certaine manière élitaire de concevoir la démocratie.

3. François Bayrou : c’est sans conteste le grand vainqueur de cette élection, ne serait-ce que parce que c’est lui qui était le moins attendu il y a encore 6 mois. Il l’est encore plus si l’on regarde l’évidence, à savoir qu’il a réuni 7 millions d’électeurs alors qu’il était massivement donné par tous les camps et la presse unie comme LE vote inutile, LE vote qui risquait de faire capoter la gauche, LE vote qui risquait de faire passer Le Pen. Les Français sont peut-être un peu moins veaux qu’on ne l’a dit... La seule, l’énorme question qui se pose : -n’étant plus en lice pour le second tour que pourra-t-il faire de sa victoire ?

-  Parviendra-t-il à l’inscrire durablement dans le paysage politique français sans ?

-  Par le jeu de quelles circonstances, s’il ne veut pas la dénaturer ?

4. Jean-Marie Le Pen : ça n’a apparemment crevé les yeux de personne, et pourtant ça les crève : à plus de 11% des voix, alors qu’il était, pour la première fois depuis 20 ans, mis en ballotage sur ce "vote protestataire" qu’on pensait être son fonds de commerce et dont on on faisait semblant de croire qu’il était la raison principale de son succès électoral, il démontre que son électorat extrémiste est extrêmement nombreux et solide.

Et puis, il y a une grande perdante, comme je le sussurais peu avant 20h :

la France, qui en reprend fatalement pour 5 ans entre immobilisme et dangereuse division, quel que soit le résultat du second tour.

Il continuera de flotter sur la marmite un air redoutable de guerre civile. Ceux qui ont tant poussé à cet absurde vote utile qui a triomphé, et qui va les maintenir en place (hourrah !), auront au moins la satisfaction de pouvoir vendre leur bibine en guettant, avec la viligilence citoyenne qu’on leur connaît, les prolégomènes de l’explosion annoncée.

-  FrancemoinsJ

Serge Rivron