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Paul Wolfowitz s’accroche
la Banque mondiale fragilisée

9 mai 2007

par torpedo

par Éric Toussaint, Damien Millet

(JPEG)

Le CADTM appelle à la destitution de Paul Wolfowitz et à une nouvelle architecture institutionnelle internationale

La situation est de plus en plus inextricable pour le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz.

Il s’avère que selon les conclusions de la commission spéciale de la Banque mondiale chargée de faire la lumière sur les accusations de népotisme à son encontre, Paul Wolfowitz aurait bel et bien violé le règlement de la Banque mondiale en accordant une augmentation de salaire de +45% à sa compagne, Shaha Riza.

En outre, suite à ce scandale, Kevin Kellems, l’un de ses principaux conseillers, vient de démissionner.

La situation est de plus en plus inconfortable pour Paul Wolfowitz, assis sur un siège éjectable dont seul George W. Bush empêche désormais qu’il ne soit actionné.

Selon le CADTM, au-delà des fautes graves et inadmissibles d’un homme, ce scandale révèle les béances du fonctionnement et de l’action de la Banque mondiale elle-même, qui traverse la pire période de son histoire. Fragilisée comme jamais, rejetée par un nombre croissant de mouvements sociaux, décrédibilisée par le népotisme avéré de son président, elle subit également les assauts de plusieurs gouvernements d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Venezuela) qui organisent la construction d’une Banque du Sud aux choix radicalement différents.

Dans le même temps, plusieurs décisions contestent sérieusement le rôle de la Banque mondiale :

le Venezuela a annoncé qu’il va quitter le FMI et la Banque mondiale ;

la Bolivie et le Nicaragua vont également quitter le CIRDI, l’une des composantes de la Banque mondiale, sorte de tribunal permettant aux grandes entreprises d’imposer leurs volontés aux gouvernements des pays en développement et d’obtenir des réparations si des décisions démocratiques sont contraires à leurs propres intérêts ;

l’Equateur a décidé l’expulsion du représentant permanent de la Banque mondiale (1), réaffirmant ainsi sa souveraineté face à une institution se permettant de violer systématiquement ses statuts qui lui interdisent toute interférence dans les affaires politiques intérieures d’un Etat membre.

En s’accrochant à son poste, Wolfowitz lie son avenir à celui de la Banque mondiale elle-même.

Pour le CADTM, le passif de la Banque mondiale est bien trop lourd pour que l’on puisse accepter le statu quo. Dès lors, une seule issue devient envisageable :

l’abolition de la Banque mondiale et son remplacement dans le cadre d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale.

Communiqué de presse du CADTM - 8 mai 2007

source : Radio Air Libre

torpedo