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Contre-coup : Elections municipales : entre la farce et l’espoir
par Bernard Guisti

11 mars 2008

par torpedo

"Alors, quelle gauche reviendra au pouvoir demain ? Il semble bien que ce soit celle d’hier, hélas ! Il existe dans tous les partis de gauche des militants et des responsables qui voudraient mener une véritable politique de gauche. Les manoeuvres de parti, c’est-à-dire de pouvoir, les tiennent à l’écart. Il serait temps, si l’on veut encore sauver quelque chose, de leur laisser la place. Mais il est fort probable qu’aux prochaines élections on pourra encore se demander, selon le mot de Jean Maffioletti, si l’on doit voter pour « la droite de droite ou pour la droite de gauche »..." (1)

"Nous vivons depuis quelques décennies, et particulièrement depuis quelques années, une période de tensions sociales et politiques, économiques et culturelles. Nos dirigeants, et je dois dire malheureusement quel que soit leur bord, vont tous dans une même direction : établir un modèle de société unique dans les sociétés industrialisées, modèle très largement calqué sur celui des sociétés anglo-saxonnes. Nous n’en voulons pas. Non par esprit de clocher, mais tout simplement pour rétablir et/ou garder une qualité de vie qui ne saurait s’accommoder de la pensée unique, de la précarité, de la santé à trente-six vitesses, de l’éducation au rabais (on ne compte plus les réformes et directives qui appauvrissent l’enseignement du français...), bref : nous ne voulons pas d’un modèle social et politique unique, n’en déplaise à Jack Lang, par exemple, prônant en France, sur France2, un système politique à l’américaine. Nous aimons la différence et la multiplicité, et nous entendons les conserver. Nous continuerons à oeuvrer en ce sens." (2)

Dimanche aura lieu le premier tour des élections municipales. Les électeurs auront à se prononcer sur des enjeux le plus souvent locaux, et se détermineront le plus souvent sur les performances des sortants.

Mais déjà les médias ont fait de ces élections un vote test quant à l’actuelle équipe politique au pouvoir.

Et il est vrai que nombre d’électeurs, en mettant leur bulletin dans l’urne, penseront fortement à la politique mise en place depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

Mais cette équipe, ne l’oublions pas, comporte aussi bien des membres de la droite dure, que des centristes du centre ou des socialistes centristes.

Les listes proposées çà et là (3) montrent bien le flou artistique entretenu, malgré les grandes déclarations de la plupart des ténors de droite ou de gauche, visant à nous faire croire qu’entre la droite et la gauche, il y aurait place pour une politique de consensus.

Mais ne nous y trompons pas : ils mènent une seule et même politique, celle du libéralisme économique, c’est-à-dire celle d’un capitalisme financier responsable de l’appauvrissement croissant de la population (4).

Nombre de citoyens gardent encore l’espoir de changer les choses en votant pour tel ou tel maire, quel que soit son engagement politique. Je souhaite qu’ils aient raison. Mais la farce jouée par les grands partis risque bien de finir par venir à bout de la patience des citoyens.

Un certain nombre d’entre eux, en effet, n’ont pas oublié que lors des présidentielles, les trois postulants éligibles à la présidence de la République étaient au moins tous d’accord sur un point :

ne pas tenir compte du résultat d’un référendum populaire, ce qui ne s’était jamais vu.

Ils se posent en champions de la démocratie dans la mesure où "La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours"...

Dans un contexte où il est question de supprimer purement et simplement les communes, bases de la République, quel sens aura le scrutin des municipales ?

Peut-être celui d’une énième tentative de la majorité des citoyens de garder l’espoir...

Bernard Giusti

1 - B. Giusti, Edito de Vendémiaire n°12 2 - B. Giusti, Edito de Vendémiaire n°13 3 - Listes UMP-MoDem, listes PS-MoDem, listes PS-PC-Verts, listes UMP-Modem-Verts, listes PC-LCR-Verts, etc. 4 - Plus de 7 millions de citoyens sous le seuil de pauvreté en France, près du tiers de la population soit sous le seuil de pauvreté, soit "travailleurs pauvres", chiffres en augmentation constante...

Source : VENDEMIAIRE

torpedo