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La peur danger absolu de la liberté par Jean Dornac

4 janvier 2010

par Jean Dornac

(JPEG) Si l’on soutient le pouvoir actuel en France, ce que je vais écrire sera considéré comme détestable, injuste, exagéré. Et pourtant...

A mes yeux de poète et d’homme désirant la paix, désirant apprendre à aimer tout et tous, 2009, en France, a été une année ténébreuse. Je ne peux pas tout détailler, vous vous en doutez, tant notre pays part en lambeaux, tant la cohésion sociale n’a plus aucune réalité, tant la cohésion nationale n’est plus qu’un vain mot.

Ce qui m’a particulièrement choqué, ces derniers mois, c’est le « débat sur l’identité nationale ». Voilà une opération qui aurait plu aux ligues et groupes fascistes des années trente. Un débat qui, à mon sens, n’a aucune raison d’être valable, essentielle ou prioritaire. Un débat qui, nul doute sur ce point, n’a qu’un objectif : flatter les Français les plus à droite, notamment les adeptes du Front National et tout cela en vue des prochaines « régionales ». C’est lamentable et criminel.

Criminel parce qu’on voit bien, au travers de quelques exemples issus de ces « assemblées », que les participants sont, avant tout, des soutiens du pouvoir mais, aussi, elles sont composées de tout ce que la France contient d’esprits rétrogrades, passéistes, égoïstes, peureux, en un mot, tout ce que la France contient de raciste et stupidement prétentieux. Ce racisme dramatique est évident lorsqu’on entend, aux informations, certaines interventions d’élus de tous niveaux, mais aussi de citoyens anonymes. Ce faux débat n’est, en fait, qu’un prétexte pour ensemencer un peu plus encore l’anti-islamisme, et provoquer, de fait, un rejet de plus en plus violent des musulmans, y compris Français d’origine. Lorsqu’on brasse de telles pensées morbides, c’est la haine qui en profite, c’est la violence contre les innocents qui se profile.

La France n’avait pas besoin d’un débat aussi odieux !

De plus, personnellement, et cela n’engage que moi-même, depuis mon adolescence, mais aussi parce que j’ai eu la chance de résider dans plusieurs pays, un temps suffisamment long pour avoir un avis valable, je considère que l’homme est « un ». Il est « un » quels que soient son lieu de naissance, sa culture, son sexe. La culture différente n’est pas un handicap pour les autres pays, mais une chance pour l’humanité. Et cette culture, tout comme le sexe, ne doit pas créer des catégories imaginaires entre humains, catégories toujours porteuses de mépris, de haine, de violences racistes. L’humanité est « une » sur une terre « unique ». Le reste n’est que produit d’ego, de haine, de jalousie et plus encore fruit de la peur.

* * * *

La peur, voilà l’ennemie de la fraternité, de la lucidité, du courage. Sous l’impulsion d’un pouvoir sans conscience, sans grandeur, sans humanisme, la peur est sans cesse réactivée au sein de notre peuple. On vient de le voir avec le racisme. Ce fut, et c’est encore vrai à propos de la grippe A H1N1. Je n’ai jamais vu au cours de ma vie, alors que j’approche de mes 60 ans, que je suis passionné par les informations sur tous médias depuis l’adolescence, une telle campagne visant à instiller une peur sourde, blafarde, destinée à instaurer la panique dans le peuple avec pour seul objectif, que les citoyens se précipitent pour se faire vacciner ! Comme d’autres, je soupçonne dans cette opération médiatique sans précédent, la volonté d’enrichir encore plus les labos pharmaceutiques, véritables pieuvres, véritable science sans conscience, labos marchands bien avant de se soucier de la santé des humains, puisque nous savons qu’elle ne crée des médicaments que pour les gens solvables.

On peut soupçonner bien d’autres choses encore, telles qu’on peut les lire sur Internet. Mais en l’absence de preuves, je n’en parlerai pas.

Ce qui est à la limite du ridicule et même du grotesque, c’est la soudaine accalmie médiatique sur ce sujet qui n’aura pas été qu’un « marronnier » des médias, mais une forêt illimitée de « marronniers », cherchant à nous gaver de peur jusqu’à la nausée.

Le pouvoir, représenté par Mme Bachelot pour cette lamentable affaire, s’accroche, dirait-on, à l’espérance d’une nouvelle vague de la grippe en question tant les risques sont énormes qu’il se retrouve avec un immense stock de vaccins non utilisés et, par la suite, non utilisables.

La peur au service du commerce, il me semble qu’on nous ne l’avait jamais fait encore. Comment nommer un pouvoir qui agit de la sorte ? J’ai mon idée, mais je vous laisse le choix de la proposition, car je perdrai ma politesse habituelle...

* * * *

Dans l’ordre de la peur comme arme de pouvoir pour contrer un peuple encore réputé rebelle, l’équipe Sarkozy excelle dans l’imposition de lois sécuritaires, normalement inacceptables dans une démocratie, mais qui s’installent grâce à une féroce propagande par médias soumis interposés. C’est ainsi que l’on voit la chasse aux immigrés n’avoir aucune relâche, même dans les cas qui nécessiteraient un peu d’humanisme. Mais ce pouvoir en est incapable !

En ce moment, l’objet de toutes les obsessions de certains élus de l’UMP consiste à nous faire croire que le pays est menacé par la « burka ». Quelle invasion, en effet : entre 300 et 400 cas sur plus de 60 millions de citoyens ! Si le ridicule tuait, il y aurait une hécatombe au sein de cette majorité extrémiste !

Le pire, à mon avis, nous l’avons vécu ces dernières semaines par les actes et paroles du ministre Besson, transfuge du parti socialiste. Pour caresser tendrement tous les extrémistes de droite du pays, ce personnage fait renvoyer des hommes dans leur pays en guerre, guerre dans laquelle nous sommes impliqués, hélas. Je parle bien sûr du cas de ces malheureux afghans destinés à servir de chair à canon dans leur pays ou de corps désarticulés par les attentats des Talibans. Et notre triste personnage de dire à qui veut l’entendre, sur les écrans de nos télévisions à peu près ceci : un pays en guerre ne vaut pas brevet de protection chez nous. Si ce ne sont pas les mots, c’est le sens de cette pensée qui me plonge dans la honte, la honte d’être représenté sur le plan international et national par de tels individus.

* * * *

Honte de ce pouvoir, oui, c’est qui m’a animé tout au long de cette année. Ces tenants de la loi, faite par eux pour eux, construisent, mauvais coup après mauvais coup, l’appauvrissement des plus pauvres et modestes au sein du peuple. Il y a un véritable et puissant mépris de ces gens pour tout ce qui n’est pas riche et puissant. On le voit au niveau de la santé qui, peu à peu, à l’aune de leurs décisions devient un grand luxe pour nombre d’entre nous ; ils pourraient augmenter le salaire minimum et les allocations sociales des plus pauvres, des plus blessés par leurs lois, mais n’y songez même pas ! Protéger les banques, pourtant si malhonnêtes, protéger les magouilleurs en tout genre, protéger les privilégiés est leur seul souci !

Exemple extrême, heureusement sanctionné par le Conseil Constitutionnel, la taxe carbone : Taxation garantie pour les familles, pauvres comme modestes, celles qui polluent le moins et passe-droit pour les entreprises les plus polluantes, dont les patrons sont bien souvent des ogres gavés d’argent...

Triste et tragique bilan d’un Président et de son groupe politique privé, l’UMP qui ose encore affirmer qu’il est « populaire » !

À se tordre de rire ou hurler de rage !

Mes vœux pour 2010

1) Que le peuple s’écarte enfin de la peur, ce danger absolu pour notre liberté !
2) Que ce peuple retrouve le sens de la fraternité, non seulement entre ses membres, mais avec l’humanité entière !
3) Que ce peuple retrouve la force de résister, si possible sans violences, mais sans concession !

Que 2010 nous montre dignes de ceux qui, si souvent, au cours de notre histoire riche de l’apport d’hommes venus de tous horizons mondiaux, osèrent dire « non » aux rois, aux fausses Républiques, aux fausses démocraties, aux empereurs, aux bourgeois et patrons des temps de barbarie capitaliste qui reviennent en force aujourd’hui avec une idéologie plus féroce encore.

La liberté de tous passe par celle de chacun d’entre nous. Nous sommes tous responsables de la liberté de chaque citoyen quelle que soit son origine.

La liberté n’est jamais chose acquise, elle s’obtient par l’abandon de toute peur et une vigilance de tout instant à l’égard de tous les pouvoirs.

Jean Dornac 31 décembre 2009.
Lu sur Altermonde sans frontières

Source : Humeurs

Jean Dornac