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e-torpedo-le webzine sans barbelés
Je suis partie aujourd’hui

10 février 2012

par di2

Je suis partie aujourd’hui...

8 février, par Franca Maï

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13H18, un mercredi 8 février 2012 Je suis partie aujourd’hui. J’ai rejoins le soleil qui brille et la lune ricanante. Sachez que je vous protège de leurs clartés lumineuses :) Je vous aime...

Fuck la mort Franca Maï






Texte dédié à Franca Maï.

Les heures passées dans des trous de douleur pour remonter plus haut, agrippée au sourire conquérant, à la quête des ailleurs. Loin d’elle l’idée du croupissant. Croupissement de soi, croupissement du monde, encroûtement dans les petites aisances d’un quotidien confort. Elle chevauche un nuage, réalisant ainsi son utopie. Tandis que « Millions » se tapissent dans l’angoisse des lendemains difficiles, elle « funambule » sur leurs têtes molles, sur ces suicidaires engoncés dans des rêves de maisons-propriétaires, vacances-serviettes-collées-crème-collante... Elle ne mange pas, elle dévore. Elle ne trie pas sélectif, elle choisit ses ordures, ses luttes, ses mots grinçants posés en l’enfilade pour faire naître un corps : le livre, son livre... Ses mots. Sans discontinuer, elle se plonge en elle, s’extirpant du corps, l’analysant comme un fantôme qui pèse sur sa libre pensée. Elle assène, elle triture, elle torture les tortures qu’une bestiole inflige à son être. Même si en elle, et dans les turbulences d’une chambre volante plongée dans la nuit noire pour décevoir les migraines - si fortes que la tentation de se poignarder pour les tuer est accaparante - elle s’escrime avec ce qui veut éteindre son écran de veille, découpe en rondelle le nuage noir qui cerne ses pensées claires... Dans ses yeux dessinés en rire, on ne décèle aucune animosité, aucune violence conquérante. Dans sa voix, il n’y a que la douceur du ton, des intonations, et des idées détonantes déposées délicatement sur la connerie des Hommes. Son livre, ses livres.

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En quelques coups de scalpel, comme elle aime le dire, elle taille des personnages sur mesure, des liens sans tabou, des killers à l’âme saine, pure, faisant honte aux « honnêtes gens », ceux qui se tiennent à carreaux, sous le joug des maitres de leur temps qui affament une grande partie du monde. Elle voit, elle sent, elle a l’instinct et le sens de l’écoute. Elle n’entend pas, elle intègre. Elle ne juge pas, elle jubile à démontrer que tout n’est pas métastasé, que des parcelles entières, des pans entiers de chacun sont inexplorés...

Son livre, ses livres. Ses mots, ses crocs...

Ses paroles apaisantes : « Andy, écris, écris, écris »... Sans relâche, elle mange les projets et me demande : « Tu crois que ça sera trop trash si j’écris les choses telles qu’elles sont ? », et moi de répondre : « Ce qui est trash, c’est de ne pas les écrire ». Nos soirées à parler au téléphone, ces échanges sans jugement de valeur, loin de la mauvaise satire écrite par le temps présent.

Son livre, sa vie, ses livres, ces eaux vives nettoyant tout sur leur passage.

Une chute puis une montée dans les airs, Franca flingue la mort, mieux, elle la fuck... Sa boîte magique est toujours ouverte, lotie quelque part dans l’esprit de chacun... Une chute non, plutôt une envolée qui oblige à continuer la lutte et à ne jamais baisser la garde.

Andy Vérol

Et c’est déjà le bleu du ciel

Un Texte écrit par René Balme (Maire de Grigny -69-)

jeudi 9 février 2012, par Le Collectif Sistoeurs

Il faut lutter toujours, Et puis mourir un jour.

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Et l’on se sent perdu quand le grand jour arrive. La croisée des chemins ; Le retour en arrière... Tout s’est enfuit de nous. Tout est parti si vite. Le livre inachevé là où l’idée se fige. Le roman qu’on pensait pouvoir relire un jour.

Le ressac de la nuit qui se remplit du vide Et l’ogre se repait sur tes frêles épaules.

Passants, vous ne savez rien de ce qui s’est passé. Attendez ! Attendez encore un peu ! Demain nous vous dirons Ce qu’il reste du cri et de la trace douce ; Ce qu’il reste des mots ou des images fières ; Ce qu’il reste du soir ou nous avons rêvé ; Ce qu’il reste de nous qui étions là sans l’être.

La vie tient désormais sur quelques mégabits. Tout est gravé pour nous immortels que nous sommes ; Et toi, plus encore que nous, immortelle à jamais. Dans le mot et l’image et le son et la voix.

La mort n’existe plus face à nos écrans bleus.

Nous avons ce pouvoir fou de te faire revivre A chaque clic de souris que nous déciderons.

La mort n’existe pas face à nos écrans bleus. La mort n’existe pas Pour nous qui t’avons faite Désormais immortelle.

Franca, Il est des soirs plus froids que les hivers Où les nouvelles sont mauvaises ; Où le temps s’éternise Dans ce silence qui gronde en nous.

La mort n’existe pas face à nos écrans bleus. Fuck la mort.

René Balme Le 8 février 2012

di2